Soudain, l'oiseau s'envola dévoilant son flan grisâtre. Il prit de la vitesse et entreprit son ascension. Avec l'altitude il se rapprocha de la falaise, puis atteignis le plateau.
Il évoluait à présent entre coraux et anémones, les poissons le fuyaient. Une muraine risqua pourtant son nez, mais apeurée, elle regagna l'abris de son rocher. Cet étrange rapace mis en fuite un banc de poissons avant de se joindre à un groupe de méduses. Sa silhouette fantomatique entourée des disques translucides des méduses se mouvait ainsi dans l'eau à peine troublée par la tempête de surface, donnant un aspect féerique à ce paysage magique.
Il se posa sur un rocher, dominant toute l'activité autours de lui. Son oeil perçant voyait tout. Son oreille exercée écoutait attentivement le silence. Son allure fière donnait l'impression d'un fauve aux aguets. Partout, les animaux tapis derière une algue, un rocher ou même cachés sous le sable l'épiaient. Autant d'oreilles surveillant ses moindres mouvements, cependant, il ne bougeait pas. Au fur et à mesure que le temps passait, chacun retournait à ses occupations. Les plantes cessèrent de trembler et se remirent à absorber leur dose vitale de dioxyde de carbone. Dans la pénombre, les couleurs des poissons se détachaient.
Un cri silencieux transperça le calme du crépuscule; dans la plainitude de ce monde, une des étoiles qui venait de se lever dévorait une huître. Des animaux se couchaient, d'autres se levaient. Les tentacules d'une pieuvre éfleurèrent l'oiseau assoupi alors que ceux d'une anémone flottaient dans le léger courant frais des abysses. Dans ses bras, un poisson clown s'était endormi...
A l'aube, l'oiseau commença à s'agiter, et
brusquement, s'arracha du sol, faisant trembler rochers et
crustacés, laissant dans son sillage une eau trouble de
poussières et de limons. Crabes et oursins tentèrent de
fuir l'ombre qui les suivaient. L'oiseau pris de la vitesse et, dans un
dernier virage montra le dessus de ses ailes, des lettres blanches y
étaient peintes: US army. B43
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